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Culte Héliopolitain |
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Il y a plus de 2500 ans avant notre ère apparaissait en terre d'Égypte la première cosmogonie dans la ville d'Héliopolis (Iwnw en égyptien) qui fut fondée par le peuple Anous (ethnie d'Osiris). Ce peuple d'agriculteurs, en plus de maitriser toutes les techniques nécessaires pour l'irrigation, connaissait aussi les arts, les dessins et la sculpture comme en témoignent les nombreux vestiges retrouvés qui datent de cette période.
Pour les prêtres d'Heliopolis, le monde s'est créé à partir du Noun, matière primordiale inorganisée (le non-être qui était avant le commencement.), dans lequel se trouvent tous les germes de la création à venir. C'est depuis le Noun que le Dieu Atoum crée par la pensée l'Univers.
Du Noun sortira le grand Dieu Atoum (Rê-Atoum Khepri) signifiant; l'être et le non-être qui dans son apparition se dédouble en Rê, qui est né de lui même, par lui même. Il est à la fois l'un (le premier des Dieux, créateur des dieux de sa suite) et le multiple (car toutes ses créations sont une partie de lui):
Khépri: le soleil à son lever, le devenir à la forme d'un scarabée.
Rê: le soleil du midi, le disque solaire à son apogée.
Atoum: L'homme à tête de bélier, le soleil au couchant.
De là naît le premier couple divin que l'on nommera une syzygie qui signifie l'union d'une Déesse et d'un Dieu. Le chiffre trois qui est synonyme de pluralité pour les Égyptiens trouve son sens dans l'unicité divine qui devient multiple en créant les dieux de sa suite.
Le Grand Dieu Rê crée à l'aide de son souffle la première syzygie: Shou, l'air et Tefnout, l'humidité. De ce premier couple découleront Geb, la Terre et Nout, déesse du Ciel. Osiris: Dieu de la végétation, le bien, qui est l'époux de sa soeur Isis: l'eau, la déesse Nephtys épouse de Seth: esprit du mal, sont les quatre enfants de Geb et Nout. Ensemble, ils forment l'ennéade divine, un pluriel de pluriel, une multitude issue de l'unique.
Ainsi dans la cosmogonie Héliopolitaine, le monde se fait à partir de trois éléments qui sont la conscience, (quand Atoum prend conscience de lui même), l'esprit qui s'émancipe et devient le principe créateur, et la matière qui équivaut à l'aboutissement de la pensée créatrice.
L'homme trouve ici sa place entre le non existant et les Dieux. Il est fait d'une parcelle divine: le Ka issu du dieu Rê, le Bâ: l'âme distincte, et le corps éphémère (qui retournera à la poussière).
On retrouve chez certains peuples d'Afrique noire les mêmes références à la conception divine de la création, il en est ainsi chez les Luba du Congo: "Au commencement de toutes les choses (de l'univers), l'esprit aîné Maweja Nangila, le premier, l'aîné et le grand seigneur de tous les esprits qui apparurent par la suite, se manifesta seul et de par soi-même. Puis et d'abord, il créa les esprits. Il créa non pas à la façon dont il créa les autres choses, mais par une métamorphose de sa propre personne en la divisant magiquement et sans qu'il ne perde rien".
Chez les Dogons (Nommo): "Chez les Dogons, le Nommo laissa trois révélations par le verbe: “la première parole était un verbe humide, la seconde un verbe lumineux, la troisième un langage à la fois parlé et musical”. Les Dogons assimilent donc la voix à l’eau, comme émission “d’une buée tiède porteuse de verbe, verbe elle-même”, les Bambaras du Mali (Dan sandyi), les Akans du Ghana (Tano), les Bakubas du Congo RDC (Chembe).
"Si le discours sur la cosmogénèse s'est développé dans trois principaux foyers culturels distincts (Héliopolis, Hermopolis, Memphis), il reste qu'une même rationalité sous-tend ces trois systèmes et qu'un même fond culturel commun les unit étroitement. C'est ce que révèle la survivance, dans l'Afrique profonde d'aujourd'hui, de récits et légendes ayant pour thème la naissance de l'Univers aux premiers temps, dont la similitude avec certains aspects de la cosmogonie égyptienne ne peut être le fait du hasard". cf: Yoporeka Somet - L'Afrique dans la philosophie
Shenoc le 09/07/07
Revue Ankh n°4/5
Une Bible Noire : Fourche et Morlighen
La philosophie Africaine de la période pharaonique : Théophile Obenga
L'Afrique dans la philosophie : Yoporeka Somet
Marcel Griaule : Dieu D'eau
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