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Louis Delgrès |
Louis Delgrès naît en août 1766 à St Pierre. Sa mère est martiniquaise, son père un ancien fonctionnaire du Roi à Tobago. Militaire de carrière, il est plusieurs fois remarqué pour ses faits de guerre sur les champs de bataille durant les combats opposant Français républicains et Anglais royalistes dans la Caraïbe.
En 1802, il est nommé colonel de l’Armée française. Il sera affecté à la protection de la Guadeloupe et aura pour mission de défendre l'île contre les grandes puissances occidentales ennemies. A la même époque, Bonaparte se fait proclamer Consul à vie. Il se marie avec Joséphine (Marie-Joseph Rose Tasher de la Pagerie) fille d'un planteur installé en Martinique et fait rétablir l'esclavage qui était abolie depuis 1794.
Peu de temps après, Delgrès déserte l'Armée Française et organise la résistance face à Richepance venu en Guadeloupe rétablir l'esclavage. Comme Toussaint Louverture, il devient meneur. A la tête d'un groupe de rebelles armés, il défendra cette liberté si durement acquise après des siècles de cruautés... (cf. esclavage).
A l'aube du 6 mai 1802, Richepance accosta en Guadeloupe à la tête d'une flotte de 14 navires. Cela n'entame en rien la détermination de Delgrès qui, avec son ami Joseph Ignace, réussira à convaincre 200 hommes à se joindre à eux pour prendre part à ce combat inégal qui aura lieu sur la Basse Terre.
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Dans son allocution du 10 Mai 1802, Louis Delgrès montre sa détermination à lutter contre cette forme de tyrannie et d'injustice commise contre le peuple noir.
Allocution de Delgrès:
C'est dans les plus beaux jours d'un siècle à jamais célèbre par le triomphe des Lumières et de la Philosophie, qu'une classe d'infortunés qu'on veut anéantir, se voit obligée d'élever la voix vers la postérité pour lui faire connaître, lorsqu'elle aura disparu, son innocence et ses malheurs.
Victime de quelques
individus altérés de sang qui ont osé tromper le gouvernement français, une
foule de citoyens toujours fidèles à la Patrie se voit enveloppée par une
proscription méditée par l'auteur de tous ses maux.
Le Général Richepance, dont nous ne connaissons pas l'étendue des pouvoirs, puisqu'il ne s'annonce que comme général d'armée, ne nous a fait connaître son arrivée que par une proclamation dont les expressions sont si bien mesurées que, alors même qu'il promet protection, il pourrait nous donner la mort sans s'écarter des termes dont il se sert.
A ce style, nous avons reconnu l'influence du contre-amiral Lacrosse, qui nous a juré une haine éternelle.
Oui, nous aimons à croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide qui sait employer également le poignard et la calomnie.
Quels
sont les coups d'autorité dont on nous menace?
Veut-on diriger contre nous les baïonnettes de ces braves militaires dont nous
aimions à calculer le moment de l'arrivée et qui naguère ne les dirigeaient que
contre les ennemis de la République ?
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Ah! Plutôt, si nous en croyons les coups d'autorité déjà frappés, au Fort de la Liberté, le système d'une mort lente dans les cachots continue à être suivi.
Eh bien! Nous
choisissons de mourir plus promptement.
Osons le dire: les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd'hui.
Nos anciens tyrans permettaient à un maître d'affranchir son esclave, et tout nous annonce que dans le siècle de la Philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de l'autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d'hommes noirs, ou tirant leur origine de cette couleur que dans les fers de l'esclavage.
Et vous, premier Consul de le République, vous guerrier philosophique, de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut-il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d'où partent les conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer! Ah! Sans doute un jour vous connaîtrez notre innocence; mais il ne sera plus temps, et des pervers auront déjà profité des calomnies qu'ils ont prodiguées contre nous pour consommer notre ruine.
Citoyens de la Guadeloupe,
vous dont la différence de l'épiderme est un titre suffisant pour ne point
craindre les vengeances dont on nous menace (à moins qu'on ne veuille vous
faire un crime de n'avoir pas dirigé vos armes contre nous), vous avez entendu
les motifs qui ont excité notre indignation.
La résistance à l'oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause. Elle est celle de la Justice et de l'Humanité.
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Nous ne la souillerons pas par l'ombre même du crime.
Oui, nous sommes
résolus de nous tenir sur une juste défensive, mais
nous ne deviendrons jamais agresseurs.
Pour vous, restez dans vos foyers; ne craignez rien de notre part.
Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés et d'employer tous les moyens à les faire respecter par tous.
Et toi, Postérité, accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits.
Le Colonel d'Infanterie,
commandant en chef
de la force armée de la Basse Terre,
signé: Louis Delgrès
Ce même jour, au morne soldat à Trois Rivières, il repoussa avec ses hommes 600 soldats de Richepance. Le 14 mai 1802, Richepance assiège le Fort Saint Charles où s'est retranché Delgrès et ses hommes pendant 10 jours. A court de munitions, Delgrès et ses compagnons quittent le Fort pour la poterne du Gallion. Delgrès se retranche sur les hauteurs de la Basse Terre à Matouba avec 300 de ses hommes attendant l'arrivée des renforts et Ignace se dirige vers Pointe-à-Pitre avec ses troupes où il sera tué au morne Baimbridge ainsi que ses deux fils et 675 de ses soldats. Les survivants seront fusillés à Fouillole.
Delgrès quant à lui résiste avec ses 300 hommes à une armée de 1800 soldats de Richepance. Devant l'inévitable, d'un commun accord, Delgrès et ses hommes décident d'installer des barils de poudre autour d'eux pour les faire exploser préférant ainsi mourir en hommes libres et en emportant dans la mort des soldats français. Le 16 juin 1802, Richepance rétablit l'esclavage en Guadeloupe.
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