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Menelik II (1844 à 1913) |
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Empereur Menelik II |
Descendant de
l'illustre Empereur Lebna-Dengel ("Encens de
A sa naissance
en 1844, la situation de l'Éthiopie était caractérisée par les rivalités
sanglantes des grands seigneurs qui se partageaient le pays. Le pouvoir
impérial, faiblement exercé par l'Empereur Takla-Guiorguis jusqu'en 1817,
perdait peu à peu de son autorité.
Sous le règne
de l'Impératrice Menen, un chef prestigieux, le ras Kassa, de race amhara et
fidèle à la foi chrétienne, entreprit en 1837 une lutte sans merci contre les
féodaux qui divisaient le pays et contre les Égyptiens qui harcelaient les
frontières. Le 8 mai 1855, Kassa ayant battu la plupart des grands seigneurs
féodaux se fit proclamer Empereur sous le nom de Théodoros
II.
La
réunification du pays sous un pouvoir unique était en marche. Il ne restait plus
en face de Théodoros qu'un seul concurrent : le Ras Haile Malakot, père de
Ménélik et roi du Choa. L'affrontement était inévitable, mais la mort soudaine
de Hailé Malakot permit à Théodoros d'annexer le Choa et d'emmener à sa cour le
jeune Ménélik.
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Pièce de monnaie à l''image de Menelik II |
En avril 1868,
le différent anglo-éthiopien qui servit de prétexte à l'expédition britannique
de Sir Robert Napier se termina par la bataille de Magdala, désastreuse pour les
Éthiopiens et par la mort dramatique de Théodoros II qui se suicida d'un coup de
pistolet.
Trois candidats se disputaient son trône : Gobazie du
Lasta, Dedjaz Kassa du Tambien et Ménélik du Choa. Gobazie se proclama Empereur
sous le nom de Takla-Guiorguis II mais Kassa le fit prisonnier, le 11 juillet
1872 et prit à son tour la couronne sous le nom de Yohannès
IV.
Ménélik, qui
s'était enfui de la cour de Théodoros II dès 1864, avait gagné le Choa où il
avait pris aussitôt la succession de son père. Menant une politique intérieure
et extérieure des plus habiles, il renforça sa position grâce, en particulier, à
l'appui du clergé chrétien. Yohannès dut composer avec lui. Il reconnut à
Ménélik en 1878 son titre de Roi du Choa, accepta qu'il prenne également celui
du Wollo et lui laissa la liberté de reconquérir pour lui-même tout le sud de
l'empire.
La puissance
de Ménélik s'affirma encore davantage lorsqu'il battit le Ras Adal, maître du
Godjam et grand féodal de ses voisins. Il ne consentit à lui rendre sa liberté
qu'après que Yohannès lui eut accordé la suzeraineté sur le Harrar et sur tout
le sud de l'empire tenu par les Gallas. En outre, il obtenait que sa fille,
Zaouditou épouse le propre fils de Yohannès IV.
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SELASSIE |
En 1881,
éclata la révolte des Derviches de Khartoum qui déborda bientôt sur l'Ethiopie
chrétienne. Le départ des forces égyptiennes qui tenaient le Harrar permit à
Ménélik, en janvier 1887, de conquérir cette province et de la rattacher à son
fief.
Malgré le
dépit du Ras Mangacha, fils de Johannès IV, Ménélik se fit proclamer Empereur,
Roi des Rois, le 3 novembre 1889. Il avait 45 ans. La tâche qui l'attendait
était immense. Il lui fallait dominer ses rivaux, repousser les agressions
étrangères, renforcer l'unité de l'Empire en mettant fin à une ère féodale au
bénéfice d'une royauté solidement assise sur les institutions religieuses et
sociales.
Les chroniques
de l'époque le dépeignent comme un homme d'une grande dignité et d'une élégance
raffinée. Visage sombre, dents superbement rangées, regard vif et plein de
jeunesse et d'ardeur de pensée, masque volontaire et vigoureux, l'Empereur
donnait l'impression d'un homme réfléchi, élevé dans la force et l'habitude du
commandement mais dont l'abord sévère était tempéré par une séduction de grâce
bienveillante tout à fait imprévue.
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Menelik II |
On devinait
que ce n'était pas les sensations, mais la pensée qui gouvernait cet homme dont
l'expression finale était un mélange de scepticisme sans ironie, d'intelligence
sérieuse et de bonté efficace. Si on eût voulu comparer Menelik II à l'un des
souverains qui marquèrent l'histoire de l'Europe, ce ne sont pas les noms de
Charlemagne ou de Pierre Le Grand qu'il eut été convenable d'avancer, il eut la
tâche plus facile que l'un et l'autre.
Ce fut, avec
toutes les nuances de la transposition, il acheva dans la victoire et la paix
l'oeuvre de l'unité de la monarchie en donnant de nombreuses preuves de
prévoyance et de sagesse politique. Exceptionnellement heureux dans le choix des
hommes à qui il donna sa confiance, il fit preuve d'une finesse bienveillante et
souriante appuyée sur un esprit calme et pondéré.
Ménélik II était
profondément patriote et portait à son pays une véritable tendresse. On s'est
imaginé que l'armée éthiopienne qui battit les Italiens à Adoua en 1896 était
l'une de ses créations avec l'aide d'experts étrangers. C'est une erreur
historique qui ne résiste pas à l'examen. L'armée éthiopienne est vieille comme
l'Éthiopie. À travers les siècles, elle a été le génie protecteur de ce pays
tant convoité. Elle demeure toujours son âme, sa force et sa sécurité pour
l'avenir.
Dès son
couronnement, Ménélik hérita des lourds problèmes que posaient déjà les
établissements de certaines puissances étrangères sur les marches de la nation.
Il y fit face par une habile diplomatie dont les arguments furent, en cas de
besoins, appuyés par des guerres toujours victorieuses. Il ne cessa de porter
des coups d'arrêt à la colonisation de l'est de l'Afrique et il convient, pour
apprécier la valeur de sa résistance, de tenir compte des plans que les grandes
puissances avaient élaborés au nom des principes admis à
Face à ces ambitions, la politique de
Ménélik II connut trois périodes : la première, avec le traité d'Ucciali du 2
mai 1889 fut marqué par la confiance qu'il gardait envers l'Italie ; la seconde
est illustrée par sa victoire d'Adoua et par les accords frontaliers qu'il
négocie, pied à pied, avec les grandes puissances ; enfin à partir de 1892,
c'est un renouveau des revendications de ces mêmes puissances qui cherchèrent à
exploiter la maladie du souverain. Les conséquences de ces luttes diplomatiques
aboutirent au conflit italo-éthiopien de 1935.
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Menelik II |
En 1869, une
compagnie privée italienne acheta une station commerciale à Assab à la sortie du
détroit de Bab el-Mandeb, station qu'elle céda en 1882 au gouvernement italien.
Celui-ci entreprit aussitôt d'étendre son influence le long de la côte de la mer
Rouge et deux expéditions militaires débarquèrent à Massawa en février et mars
1885. Cet établissement de vive force, entraîna aussitôt des escarmouches et des
combats avec les Éthiopiens, car Yohannès IV n'admettait pas la conquête de son
pays par des troupes étrangères.
Les Italiens, pressés d'aboutir, soutinrent
Ménélik dont le prestige comme roi du Choa ne cessait de grandir et le
poussèrent contre Yohannès IV en l'approvisionnant en armes et en munitions.
Aussi, à la
mort de ce dernier, ils obtinrent du nouveau souverain la signature d'un accord
dit traité d'Uccialli du 2 mai 1889 qui, aux yeux de Ménélik, ne constituait
qu'un traité d'amitié sans cessions territoriales. Rome, en revanche, par le jeu
d'une traduction peu sûre, le notifia aux grandes puissances comme un acte lui
accordant le protectorat sur l'Éthiopie et la possibilité d'établir une colonie
en Érythrée.
Ménélik II
réagit aussitôt en dénonçant le traité en février 1893 et souleva contre les
Italiens les populations de l'Érythrée. Ceux-ci réagirent en occupant le tigré.
Ménélik proclama la levée en masse pour défendre la patrie et rassembla une
armée de 75 000 hommes sous son commandement et celui de son cousin le Ras
Makonnen. Les Italiens battus à Adoua le 1er mars 1896 laissèrent 12 000 morts
sur le terrain.
Le traité de
paix, signé à Addis-Abébba le 4 octobre 1896, reconnut à l'Italie son
établissement en Érythrée, mais conserva à l'Ethiopie son indépendance et sa
souveraineté.
A la suite d'Adoua, les grandes puissances
s'empressèrent de négocier avec Ménélik II pour fixer les frontières qui
garantiraient sur le pourtour de l'Ethiopie, leurs
protectorats.
L'accord avec
Ménélik II, aidé par le Ras Makonnen, mena ces négociations avec
une maîtrise remarquable et le traité anglo-éthiopien fut signé à Addis-Abeba le
14 mai 1897.
Avec les
Italiens, le problème était plus délicat, car il s'agissait non seulement de
fixer les frontières de l'Érythrée, mais encore de tracer la frontière entre
l'Éthiopie et la nouvelle colonie nouvelle de Somalie. Les négociations
aboutirent en septembre 1897. Ce traité, qui ne fut jamais publié, fit l'objet
d'interprétations diverses de la part de l'Italie et alimenta pendant plus de
trente ans les revendications de Rome sur l'Éthiopie.
Aux yeux de
Ménélik II, les accords de 1897 précisaient les limites consenties aux
colonisations européennes. Les clauses qu'il avait acceptées devaient lui
permettre de nouer des relations de bon voisinage avec les puissances qui
l'entouraient sans que celles-ci cherchent à démembrer l'Éthiopie.
En
1906, le Ras Makonnen, personnage de premier plan et bras droit de Ménélik
disparaissait. Peu après, l'Empereur ressentait les premières atteintes de la
maladie qui allait le rendre infirme.
De plus en plus malade, l'Empereur proclama, le 30, octobre 1907,
que son successeur serait Lidj-Iyassou, son petit-fils âgé de douze ans, fils du
Ras Mikael du Wollo et nomma comme régent le Ras Tessemma. Les conventions qu'il
signa avec l'Italie en mai 1908, avec
Il mourut en avril 1911 à 67
ans.
Son oeuvre fut immense. Souverain éclairé et personnalité
puissante, diplomate avisé et stratège de premier ordre, Ménélik II fut
également un bâtisseur. Il introduisit en Éthiopie les symboles de la vie
moderne malgré l'incompréhension et les réticences de beaucoup de ses sujets. Sa
connaissance des progrès réalisés en Europe et des entreprises étrangères était
étonnante. Ses idées en matière de réformes sociales furent décisives pour
l'avenir de l'Éthiopie.
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Mausolée de Menelik II |
Il décréta
l'abolition de l'esclavage, l'instruction obligatoire, la substitution d'un
nouveau code à la loi coutumière et obligea son peuple à se faire vacciner
contre la variole. Il créa les postes éthiopiennes en 1893, fit installer le
téléphone entre Djibouti et Addis-Abébba en 1899, encouragea la construction de
la voie ferrée de la mer à Diré-Daoua en 1902 et introduisit le télégraphe.
C'est sous son règne que l'éclairage électrique et les premières automobiles
firent leurs apparitions à Addis-Abeba.
Il fonda
Ce fut un grand souverain
qui incarna profondément durant toute sa vie, le passé, le présent et les
aspirations de son peuple.
shenoc le 04/02/2006
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